Les Châtiments Profil d'œuvre

Les Châtiments

Victor Hugo

1853

Les Châtiments est composé de quatre-vingts-dix-huit poèmes. Victor Hugo exprime sa colère contre Napoléon III, qu'il appelle "Napoléon le Petit". En effet, l'homme vient de prendre le pouvoir après un coup d'État.
Le recueil est composé de sept livres : "La Société est sauvée", "L'Ordre est rétabli", "La Famille est restaurée", "La Religion est glorifiée", "L'Autorité est sacrée", "La Stabilité est assurée" et "Les Sauveurs se sauveront".

Les six premiers livres caricaturent les valeurs du régime de Napoléon. Victor Hugo décrit un personnage aux dimensions démesurées. Le Mal de la nature humaine est tout autour de lui. Sa politique est violente. Tous les aspects les plus terribles de l'Homme se trouvent en lui. Certains passages sont très connus, notamment ceux où Victor Hugo apostrophe Napoléon en lui donnant le surnom "Napoléon le Petit". Parmi les poèmes les plus célèbres, on peut citer "Aube", "La Caravane", ou encore "Expiation".

I

L'arrière-plan historique

A

Napoléon III au pouvoir

Les Châtiments est avant tout un recueil de poèmes satiriques contre Napoléon III. Ce dernier accède au pouvoir par un coup d'Etat le 8 décembre 1851. Victor Hugo, qui avait été député sous la IIe République, s'empresse de dénoncer le nouvel empereur comme un criminel.
Dans son ouvrage, il entend dénoncer, mais aussi expier les crimes commis par Louis-Napoléon Bonaparte. Pour lui, les crimes du 18 Brumaire et le coup d'État du 2 décembre sont terribles. Napoléon III doit payer. Il usurpe le pouvoir, il oppresse le peuple.

B

Un poète exilé

À la suite du coup d'État, Victor Hugo est exilé. En effet, en tant qu'ennemi du pouvoir, il est en danger en France. Dans le recueil de poèmes, il se présente volontiers comme un banni. L'exil est source de souffrance. Il est privé de tous ses biens. Mais il reste inflexible. Il ne rentrera pas tant que Napoléon III sera au pouvoir.
Le poète se fait figure morale. Il se bat seul contre tous, contre les courtisans qui veulent la sympathie de l'empereur, contre le peuple passif.

Le banni, debout sur la grève,
Contemplant l'étoile et le flot,
Comme ceux qu'on entend en rêve,
Parlera dans l'ombre tout haut.

Victor Hugo

"France ! A l'heure où tu te prosternes, Les Châtiments

II

Crime et expiation

A

Une dénonciation du pouvoir de Napoléon III

Les Châtiments dénonce donc deux crimes : le 18 Brumaire et le coup d'État du 2 décembre commis par Louis-Napoléon Bonaparte. Le 18 Brumaire est un crime contre la France. En effet, Bonaparte a pris le pouvoir de force. Le 2 décembre a été très violent, et est en contradiction avec les lois de la République.
La parole poétique devient donc dénonciatrice. Victor Hugo s'engage contre l'empereur. La parole poétique devient aussi la voix du peuple. Victor Hugo se met à la place d'une grand-mère dont le petit-fils a été tué dans "Souvenir de la Nuit du 4". Napoléon est un empereur tyrannique qui fait souffrir les Français.

B

Le poète comme messager de Dieu

Victor Hugo croit que Dieu a laissé faire le crime pour permettre l'expiation. Ainsi, le futur sera plus beau, et il sera plein de liberté et de fraternité. Ce sera le résultat positif du crime. C'est ce qu'il affirme dans des poèmes comme "Stella" ou encore "Nox".
Le poète est donc le messager de Dieu. Il est celui qui rassure le peuple, qui lui dit qu'il ne va pas souffrir éternellement, que la justice gagnera. Le châtiment est divin, et l'expiation sera aussi divine. Le poète est l'intermédiaire de Dieu.

III

La satire

A

Un portrait de Napoléon III

Le recueil est marqué par la tonalité satirique. La cible est donc Napoléon III et le Second Empire. Au début du poème "Nox", Hugo évoque le poète Juvénal, un auteur satirique qui avait dénoncé le pouvoir de Néron. L'écrivain se reconnaît dans cet homme.
L'ouvrage est écrit sous le signe de l'indignation. Victor Hugo se moque de Napoléon III. Il le rabaisse, le ridiculise. Il le montre comme un homme stupide qui tente désespérément d'imiter son oncle (Napoléon Ier). Mais le poète moque aussi tous ceux qui soutiennent l'empereur. La société est décrite comme complice.

B

Les procédés stylistiques

Victor Hugo utilise différents procédés stylistiques. Il use principalement d'ironie. Il fait comme s'il rendait gloire à l'empereur pour mieux dénoncer ses crimes. Ainsi, "La Société est sauvée" ou "LOordre est rétabli" sont à prendre comme des antiphrases. Victor Hugo pense tout le contraire. Quand il écrit que Napoléon est le "sauveur de l'Église et de l'ordre", il veut aussi dire l'inverse.
Le poète utilise beaucoup d'attaques ad hominem, traitant l'empereur de misérable, de petit, d'imbécile. Il l'associe à des criminels comme "Mandrin" ou "Cartouche". Il en fait aussi un bouffon, un comédien de farces.