Les OrientalesProfil d'œuvre

Les Orientales

Victor Hugo

1829

Lorsque Les Orientales paraît en 1829, le romantisme français est imprégné par l'orientalisme. La guerre d'indépendance grecque a rendu le sujet très populaire. Victor Hugo suit donc le mouvement. Pourtant, son recueil est très remarqué, car il utilise des mots mystérieux, luxuriants. Les images sont très fortes, et la langue est virtuose.

Le poète créé un monde somptueux, qui semble être un fantasme. Les scènes que conte le poète sont sensuelles, ardentes. Le désir est au cœur de l'ouvrage. Hugo raconte aussi le combat entre chrétiens et musulmans. Il soutient l'indépendance grecque et assure sa fascination pour l'Orient. Les femmes, liées à l'amour, se font sultanes ou captives. L'amour est exotique ("Adieux de l'hôtesse arabe", "Grenade"). La beauté se fait orientale. Hugo utilise l'imaginaire oriental et le monde occulte. Il parle ainsi des djinns. L'exotisme des poèmes a beaucoup plu.

I

Un recueil marqué par l'exotisme

A

La préface

Dès la préface, Victor Hugo affirme son droit d'écrire sur ce qu'il veut et aime. Il dit que tout peut être Art. Il défend le droit, pour l'écrivain, de bénéficier d'une liberté totale.

L'auteur de ce recueil n'est pas de ceux qui reconnaissent à la critique le droit de questionner le poète sur sa fantaisie, et de lui demander pourquoi il a choisi tel sujet, broyé telle couleur, cueilli à tel arbre, puisé à telle source. L'ouvrage est-il bon ou est-il mauvais ?
Voilà tout le domaine de la critique. Du reste, ni louanges ni reproches pour les couleurs employées, mais seulement pour la façon dont elles sont employées. À voir les choses d'un peu haut, il n'y a, en poésie, ni bons ni mauvais sujets, mais de bons et de mauvais poètes.
D'ailleurs, tout est sujet ; tout relève de l'art ; tout a droit de cité en poésie. Ne nous enquérons donc pas du motif qui vous a fait prendre ce sujet, triste ou gai, horrible ou gracieux, éclatant ou sombre, étrange ou simple, plutôt que cet autre. Examinons comment vous avez travaillé, non sur quoi et pourquoi. Hors de là, la critique n'a pas de raison à demander, le poète pas de compte à rendre. L'art n'a que faire des lisières, des menottes, des bâillons ; il vous dit : Va ! et vous lâche dans ce grand jardin de poésie, où il n'y a pas de fruit défendu. L'espace et le temps sont au poète. Que le poète donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît ; c'est la loi.

Victor Hugo

Les Orientales

1829

B

La représentation de l'Orient

Le recueil n'est pas focalisé uniquement sur l'Orient, ce n'est pas simplement un fantasme occidental sur les pays étrangers. Victor Hugo lie l'Occident et l'Orient. Il met en avant les relations qui existent entre les mondes. Il parle évidemment des problèmes, mais aussi de la richesse des échanges.
L'Orient est souvent représenté comme pittoresque. Le poète utilise des créatures de la culture orientale, comme les djinns. Il utilise aussi des mots orientaux, comme "sérail" pour parler du harem. L'Orient correspond à certaines conventions, le vocabulaire notamment est marqué par certains clichés.

Cadix a les palmiers ; Murcie a les oranges ;
Jaën, son palais goth aux tourelles étranges ;
Agreda, son couvent bâti par saint-Edmond ;
Ségovie a l'autel dont on baise les marches,
Et l'aqueduc aux trois rangs d'arches
Qui lui porte un torrent pris au sommet d'un mont.

Victor Hugo

"Grenade", Les Orientales

1829

II

La violence et la guerre

La Grèce est en lutte contre l'Empire ottoman. Une bataille est donc livrée entre chrétiens et musulmans. Pourtant, Victor Hugo ne présente pas les deux religions comme deux cultures différentes. Il parle d'une guerre interne à l'Orient. Pour lui, les deux religions peuvent apprendre à vivre ensemble.
Le recueil est néanmoins marqué par la violence de la guerre. Dans "L'Enfant", le poète décrit les destructions matérielles, les ruines, le deuil. L'île de Chio, qui était idéale, est dévastée par la guerre. L'image de l'enfant est très pathétique, il est seul, abandonné. Il n'a personne pour le protéger. C'est l'enfant démuni.

III

La nature

A

Victor Hugo, un poète lyrique

Dans les poèmes de Victor Hugo, la nature est magnifiée. Il en fait l'éloge. Le recueil révèle l'auteur comme étant un grand poète lyrique et romantique, nourri par des images merveilleuses, des visions épiques, des sentiments exaltés. La nature, l'amour, le droit au rêve, sont des thèmes que l'écrivain aime particulièrement. Lorsqu'il décrit la nature, il s'attarde longuement sur sa beauté, sur son caractère extraordinaire. Il l'associe, comme souvent, à la femme, à l'image maternelle. La nature est un refuge. Elle promet l'espoir. Elle s'oppose farouchement à la guerre. Elle est un havre de paix. La nature est l'endroit où l'on peut le mieux voir Dieu. En Orient, elle foisonne de plantes exotiques, d'animaux étranges.

B

L'espoir

La nature est donc porteuse de paix. C'est le bien-être et la tranquillité qu'elle apporte. Victor Hugo met en avant la jeunesse, l'innocence. Ce sont les symboles de l'humanité, son avenir. La vie continue, la nature continue. La guerre est terrible, les morts sont nombreux, mais l'humanité va vers le meilleur.
Malgré certains poèmes pessimistes, Victor Hugo assure finalement que la vie et la joie vont triompher.
La douceur est symbolisée par les enfants, les femmes et les jeunes gens. La renaissance est possible car ils existent.