Suites numériquesCours

I

Généralités

A

Définitions

Suite numérique réelle 

Une suite numérique réelle est une fonction u qui à tout entier naturel n (ou tout entier supérieur à un certain entier naturel n_0), associe un réel : u : n  \mapsto u(n).

Terme d'indice

u(n) est le terme d'indice (ou de rang) n de la suite u, on le note également u_n.

Terme initial

Le premier terme de la suite u, le terme initial, est u_0 ou plus généralement u_{n_0}, où n_0 est le premier entier tel que le terme de la suite existe.

Suite de terme général

On dit que (u_n) est la suite de terme général u_n.

On considère la suite u définie de la façon suivante :

« Pour tout entier naturel n, le terme u_n est la troncature à 10^{-n} de \sqrt{2}. »

Dans ce cas, on a :

u_0=1

u_1=1,4

u_2=1,41

u_3=1,414...

On considère la suite v définie par v_n=\sqrt{n−4}.

Dans ce cas, v_n n'existe qu'à partir de n=4.

Le terme initial est v_4=\sqrt{4−4}=0.

Lorsqu'une suite v n'est pas définie pour tous les entiers naturels, on peut la noter (v_n)_{n\geq n_0}, où n_0 est le premier indice de la suite.

Lorsqu'une suite n'est définie qu'à partir du terme n=1, on écrit (u_n)_{n\in\mathbb{N}^{\star}}.

Dans l'exemple précédent, la suite v de terme général v(n) = \sqrt{n−4} peut être notée comme (v_n)_{n\geq 4}.

Ne pas confondre « terme » et « indice ».

Pour u_3=1,414, 1,414 est le terme d'indice 3 de la suite u.

Ne pas confondre u_{n+1}  et u_n+1.

u_{n+1} est le terme d'indice (ou de rang) n+1, alors que u_n+1 est le terme de rang n augmenté de 1.

B

Différents modes de génération d'une suite

1

De façon explicite

Explicite

Une suite u définie sous forme explicite est donnée par son terme général exprimé en fonction de n

On peut l'écrire comme u_n = f(n), où f est une fonction.

Soit la suite (u_n) définie sur \mathbb{N} par u_n=2n−1. Cette suite est définie de façon explicite.

Pour tout entier naturel n, on a u_n=f(n)f est la fonction affine x\mapsto 2x−1.

Le calcul du terme d'indice 83, par exemple, est direct :

u_{83}=f(83)=2\times 83−1=165

2

Par une relation de récurrence

Relation de récurrence

Une suite u définie par une relation de récurrence est donnée par son terme initial n_0 et une relation reliant chaque terme au terme précédent.

On peut l'écrire comme  \begin{cases}u_{n_0}\\u_{n+1}=f(u_n),\text{ pour tout }n\in\mathbb{N}, n\geq n_0\end{cases}, où f est une fonction.

Dans ce cas, pour calculer un terme de la suite, il faut avoir calculé au préalable le terme précédent.

On considère la suite u définie sur \mathbb{N} par  \begin{cases}u_0=2\\u_{n+1}=2u_n−1,\text{ pour tout }n\in\mathbb{N}\end{cases}.

Alors on a u_{n+1}=f(u_n)f est la fonction affine x\mapsto 2x−1.

u_1=f(u_0)=f(2)=2\times 2−1=3

u_2=f(u_1)=f(3)=2\times 3−1=5

u_3=f(u_2)=f(5)=2\times 5−1=9...

3

Par un algorithme

Le programme suivant (écrit en langage Python) définit une suite sur \mathbb{N} :

-

En notant u_n le résultat obtenu en exécutant f(n), on obtient :

-

L'algorithme donné correspond à la définition suivante de la suite u sur \mathbb{N} : u_n=\begin{cases}\dfrac{n}{2},\text{ si }n\text{ est pair},\\2n−1,\text{ sinon}\end{cases}

4

Par des motifs géométriques

Le flocon de Von Koch est une figure géométrique obtenue à partir d'un triangle équilatéral par réitération d'une transformation appliquée à chaque côté de la figure.

1. À l'étape 0 (figure de départ), la figure est un triangle équilatéral.

2. Pour passer d'une étape n (avec n\in\mathbb{N}) à la suivante (étape n+1), on remplace chaque côté du polygone par une ligne brisée de 4 segments de longueur égale au tiers de la longueur des côtés du polygone obtenu à l'étape n en appliquant le procédé suivant :

-

On obtient ainsi les polygones suivants :

-

Si à chaque étape on associe le nombre de côtés de la figure, on définit une suite sur \mathbb{N}.

En notant c_n le nombre de côtés de la figure obtenue à l'étape n (où n\in\mathbb{N}), on obtient :

c_0=3,

c_1=9,

c_2=27,

c_3=81, etc...

II

Sens de variation

A

Définitions

Soit \left( u_n\right) une suite.

Croissante

La suite u est croissante si et seulement si, pour tout entier naturel n tel que u_n existe, u_n\leq u_{n+1}.

On peut également définir une suite strictement croissante en remplaçant \leq par <.

Décroissante

La suite u est décroissante si et seulement si, pour tout entier naturel n tel que u_n existe, u_n\geq u_{n+1}.

On peut également définir une suite strictement décroissante en remplaçant \geq par >.

Constante

La suite u est constante si et seulement si, pour tout entier naturel n tel que u_n existe, u_n=u_{n+1}.

Monotone

La suite u est monotone lorsqu'elle est soit croissante, soit décroissante.

B

Déterminer le sens de variation d'une suite

Soit \left( u_n\right) une suite. Pour déterminer son sens de variation, on peut utiliser une des méthodes suivantes.

On peut comparer directement u_n et u_{n+1}

a) en étudiant la différence u_{n+1}-u_n

Le signe de la différence u_{n+1}-u_n entre deux termes consécutifs donne le sens de variation de la suite.

Considérons la suite définie sur \mathbb{N} par u_n=3−4n.

u_{n+1}=3−4(n+1)=3−4n−4=−1−4n

donc u_{n+1}-u_n=−1−4n-(3−4n)=−4

Ainsi, pour tout n\in\mathbb{N}, u_{n+1}-u_n<0. La suite (u_n)_{n\in\mathbb{N}} est donc strictement décroissante.

Considérons la suite définie par \left\{\begin{array}{l}v_1=1\\v_n=v_{n−1}+v_{n−1}^2,\text{ pour tout entier }n\geq 2\end{array}\right.

Pour tout entier n\geq 2, v_n-v_{n−1}=v_{n−1}+v_{n−1}^2-v_{n−1}=v_{n−1}^2.

Ainsi, pour tout entier n\geq 2, v_n-v_{n−1}\geq 0

La suite (v_n)_{n\geq 1} est croissante.

Dans le dernier exemple, nous avons étudié le signe de v_n-v_{n−1} car la suite était définie de cette façon-là.

Il s'agit bien du signe de la différence entre deux termes consécutifs.

b) en étudiant le rapport \dfrac{u_{n+1}}{u_n}

Lorsque tous les termes sont strictement positifs, on peut déterminer le sens de variation de la suite en comparant le rapport \dfrac{u_{n+1}}{u_n} avec 1.

Considérons la suite définie pour tout entier n\geq 2 par : u_n=\dfrac{n}{n−1}.

Pour tout entier n\geq 2, n>0 et n−1>0, donc u_n>0.

Les termes de la suite (u_n)_{n\geq 2} sont bien strictement positifs.

Soit n\in\mathbb{N}-\{0; 1\}.

\dfrac{u_{n+1}}{u_n}=\dfrac{\frac{n+1}{n}}{\frac{n}{n−1}}=\dfrac{n+1}{n}\times \dfrac{n−1}{n}=\dfrac{n^2−1}{n^2}

Comme on a nécessairement 0\leq n^2−1<n^2, on obtient \dfrac{u_{n+1}}{u_n}<1

La suite (u_n)_{n\geq 2} est donc strictement décroissante.

c) en étudiant les variations de la fonction qui définit la suite

Si la suite est définie de façon explicite, on peut déterminer son sens de variation en étudiant celui de la fonction qui définit la suite.

Plus précisément, soit une suite \left( u_n\right) définie par u_n=f(n) à partir d'un certain rang n_0, où f est une fonction définie sur \mathbb{R}_{+}.

Si f est croissante sur \left[0;+\infty\right), alors la suite \left( u_n\right) est croissante.

Si f est décroissante sur \left[0;+\infty\right), alors la suite \left( u_n\right) est décroissante.

Le problème revient donc à étudier le sens de variation de f sur \left[0;+\infty\right).

Soit \left( u_n\right)_{n\in\mathbb{N}} la suite définie sur \mathbb{N} par u_n=3−4n.

Pour tout n\in\mathbb{N}, u_n=f(n) avec f(x)=3−4x.

f étant une fonction affine strictement décroissante sur \mathbb{R} (donc sur \left[0;+\infty\right), la suite (u_n)_{n\in\mathbb{N}} est également strictement décroissante.

III

Représentation graphique

A

Suite définie sous forme explicite

Soit u une suite définie à partir d'un certain rang n_0 par u_n=f(n)f est une fonction définie sur \left[n_0;+\infty\right)

Pour tout n\geq n_0, u_n est l'ordonnée du point de la courbe représentative de f d'abscisse n.

Soit \left( u_n\right)_{n\in\mathbb{N}} la suite définie par u_n=\sqrt{n+1}.

On a alors, pour tout n\in\mathbb{N}, u_n=f(n) avec f:x\mapsto \sqrt{x+1}.

Pour tout entier naturel n, u_n est donc l'ordonnée du point d'abscisse n de la courbe représentative de f.

-
B

Suite définie par récurrence

Soit u une suite définie par récurrence à partir d'un certain rang n_0 par u_{n+1}=f(u_n), où f est une fonction définie sur un intervalle incluant les valeurs des termes de la suite. Pour tout n\geq n_0, u_{n+1} est l'ordonnée du point de la courbe de f d'abscisse u_n.

Soit \left( v_n\right)_{n\in\mathbb{N}} la suite définie par v_0=1 et pour tout n\in\mathbb{N}, v_{n+1}=\sqrt{v_n+1}.

On a alors, pour tout n\in\mathbb{N}, v_{n+1}=f(v_n) avec f:x\mapsto \sqrt{x+1}.

Pour tout entier naturel n, v_{n+1} est donc l'ordonnée du point d'abscisse v_n de la courbe de f.

Pour visualiser un terme sur l'axe des ordonnées, il faut donc déjà avoir le précédent sur l'axe des abscisses.

Pour placer les différents termes de la suite sur l'axe des abscisses, on peut donc utiliser la droite d'équation y=x qui permet de « ramener » sur l'axe des abscisses une valeur obtenue sur l'axe des ordonnées.

-

La droite d'équation y=x permet de « passer » facilement d'un nombre qui est sur l'axe des ordonnées au même nombre sur l'axe des abscisses.

Dans l'exemple précédent, v_1=f(v_0). On a donc besoin de v_0 sur l'axe des abscisses pour pouvoir placer v_1 sur l'axe des ordonnées.

Puis v_2=f(v_1). On a donc besoin de v_1 sur l'axe des abscisses.

La droite d'équation y=x permet de relier facilement les points de coordonnées (0;v_1), (v_1;v_1) et (v_1;0) et ainsi de placer v_1 sur l'axe des abscisses.

On poursuit avec la même méthode pour les termes suivants.

IV

Suites arithmétiques

Suite arithmétique

Une suite \left( u_n\right) est dite arithmétique lorsqu'il existe un réel r tel que pour tout entier naturel n pour lequel u_n est défini, on a u_{n+1}=u_n+r

Le réel r est appelé la raison de la suite.

Voici un exemple de suite arithmétique de raison r=−2 : \begin{cases}u_0=5\\u_{n+1}=u_n−2,\text{ pour tout } n\in\mathbb{N}\end{cases}

Si une suite \left( u_n\right) est arithmétique, la différence u_{n+1}-u_n entre deux termes consécutifs est constante et est égale à la raison r.

Imaginons un livret avec un taux d'intérêt simple annuel de 5 %.

On place un capital de 100 €.

Tous les ans, les intérêts sont calculés sur ce capital de départ :

100\times \dfrac{5}{100}=5

En notant u_n le montant sur le livret au bout de n années.

On a donc u_0=100, u_1=105, u_2=110, etc., et plus généralement u_{n+1}=u_n+5 pour tout n\in\mathbb{N}.

La suite (u_n) ainsi définie est donc une suite arithmétique de raison 5.

Si \left( u_n\right) est une suite arithmétique de raison r, alors pour tous entiers naturels n et p

u_n=u_p + (n-p)\times r

Cas particulier : Si p=0, pour tout entier naturel n, on a u_n=u_0+nr.

Soit une suite u arithmétique de raison r définie à partir d'un entier n_0.

Soient n et p deux entiers tels que n\geq p\geq n_0.

On peut donc écrire :

u_{p+1}=u_p+r

u_{p+2}=u_{p+1}+r

u_n=u_{n−1}+r

En additionnant membre à membre ces égalités, on obtient :

u_n+u_{n−1}+...+u_{p+2}+u_{p+1}=u_{n−1}+...+u_{p+1}+u_p+(n-p)r

En simplifiant, on obtient :

u_n+u_{n−1}+...+u_{p+2}+u_{p+1}=u_{n1}+...+u_{p+1}+u_p+(n-p)r,

soit u_n=u_p+(n-p)r.

Soit u la suite définie par u_0=5 et u_{n+1}=u_n+2, pour tout n\in\mathbb{N}.

Alors la suite u est arithmétique de raison r=2.

Pour tout n\in\mathbb{N}, u_n=u_0+nr, soit u_n=5+2n.

La propriété précédente donne une forme explicite d'une suite initialement définie par une relation de récurrence. L'expression obtenue est du type u_n=f(n)f est une fonction affine. Il n'y a, en fait, que les suites arithmétiques qui vérifient cette propriété.

Soit \left( u_n\right) une suite arithmétique de raison r.

La suite \left( u_n\right) est croissante si, et seulement si, r\geq 0.

En remplaçant r\geq 0 par r>0 dans la propriété précédente, on obtient une suite strictement croissante.

Soit \left( u_n\right) une suite arithmétique de raison r.

La suite \left( u_n\right) est décroissante si, et seulement si, r\leq 0.

En remplaçant r\leq 0 par r<0 dans la propriété précédente, on obtient une suite strictement décroissante.

Soit \left( u_n\right) une suite arithmétique de raison r.

La suite \left( u_n\right) est constante si, et seulement si, r=0.

Soit u la suite définie par u_0=5 et u_{n+1}=u_n+2, pour tout n\in\mathbb{N}.

Alors la suite u est arithmétique de raison r=2.

Comme r>0, la suite u est strictement croissante.

V

Suites géométriques

Suite géométrique

Une suite \left( u_n\right) est dite géométrique lorsqu'il existe un réel q tel que, pour tout entier naturel n pour lequel u_n est défini, on a : u_{n+1}=u_n \times q

Le réel q est appelé la raison de la suite.

Voici un exemple de suite géométrique de raison q= \frac{1}{2}: \begin{cases}v_0=5\\v_{n}=v_{n−1}\times \dfrac{1}{2},\text{ pour tout }n\in\mathbb{N}^{\star}\end{cases}

On ne considère que des suites géométriques dont aucun terme n'est nul. Sinon, la suite étudiée est simplement la suite nulle.

Si c'est bien le cas, une suite \left( u_n\right) est géométrique si, et seulement si, le quotient de deux termes consécutifs est constant.

On considère également uniquement des suites géométriques de raison non nulle. Sinon tous les termes de la suites sont nuls au moins à partir du deuxième terme.

Le taux d'évolution entre deux termes consécutifs d'une géométrique est constant.

En effet, si (u_n) est une suite géométrique de raison q\neq 0 définie à partir d'un rang n_0, avec u_{n_0}\neq 0.

Alors, pour tout n\geq n_0, le taux d'évolution entre deux termes consécutifs u_n et u_{n+1} est :

\dfrac{u_{n+1}-u_n}{u_n}=\dfrac{q\times u_n-u_n}{u_n}=\dfrac{(q−1)u_n}{u_n}=q−1

La raison d'une suite géométrique est en fait le coefficient multiplicateur entre deux termes consécutifs et ce coefficient multiplicateur est constant.

Imaginons un livret avec un taux d'intérêt composé annuel de 1,25 %.

On place un capital de 100 €.

Tous les ans, les intérêts sont calculés sur le capital obtenu à l'issue de l'année.

On rappelle qu'augmenter de 1,25 % revient à multiplier par \left( 1+\dfrac{1,25}{100}\right), soit 1,0125.

On note u_n le montant sur le livret au bout de n années.

On a donc u_0=100, u_1=100\times 1,0125=101,25, u_2=101,25\times 1,0125=102,515625\approx 102,52, etc., et plus généralement u_{n+1}=u_n\times 1,0125 pour tout n\in\mathbb{N}.

La suite (u_n) ainsi définie est une suite géométrique de raison q = 1,0125 .

Si \left( u_n\right) est une suite géométrique de raison q, alors pour tous entiers naturels n et p :

u_n=u_p\times q^{n-p}

Cas particulier : Si p=0, pour tout entier naturel n, on a u_n=u_0\times q^n.

Soit une suite u géométrique de raison q définie à partir d'un entier n_0.

Soit n et p deux entiers tels que n\geq p\geq n_0.

On peut donc écrire :

u_{p+1}=u_p\times q

u_{p+2}=u_{p+1}\times q

u_n=u_{n−1}\times q

En multipliant membre à membre ces égalités, on obtient :

u_n\times u_{n−1}\times ...\times u_{p+2}\times u_{p+1}=u_{n−1}\times ...\times u_{p+1}\times u_p\times q^{n-p}

En simplifiant, on obtient :

u_n\times u_{n−1}\times ...\times u_{p+2}\times u_{p+1}=u_{n−1}\times ...\times u_{p+1}\times u_p\times q^{n-p}

soit u_n=u_p\times q^{n-p}.

Soit q un réel non nul. Considérons la suite \left( u_n\right) définie pour tout entier naturel n par u_n=q^n.

Soit q un réel non nul. Soit \left( u_n\right) la suite définie pour tout entier naturel n par u_n=q^n.

 Si q<0, la suite \left( u_n\right)_{n\in\mathbb{N}} n'est pas monotone.

Soit q un réel non nul. Soit \left( u_n\right) la suite définie pour tout entier naturel n par u_n=q^n.

Si 0<q<1, la suite \left( u_n\right)_{n\in\mathbb{N}} est strictement décroissante.

Soit q un réel non nul. Soit \left( u_n\right) la suite définie pour tout entier naturel n par u_n=q^n.

Si q>1, la suite \left( u_n\right)_{n\in\mathbb{N}} est strictement croissante.

Pour une suite géométrique quelconque, \left( u_n\right), on a, pour tout entier naturel n, u_n=u_0\times q^n (si la suite est définie pour tout entier naturel).

Si u_0>0, la suite \left( u_n\right) a le même sens de variation que la suite (q^n).

Si u_0<0, la suite \left( u_n\right) a le sens de variation opposé à celui de la suite (q^n).

Reprenons la suite  \begin{cases}v_0=5\\v_{n}=v_{n−1}\times \dfrac{1}{2},\text{ pour tout }n\in\mathbb{N}^{\star}\end{cases}

et notons q sa raison.

Comme v_0=5 et q=\dfrac{1}{2}, on a donc v_0>0 et 0<q<1.

La suite (v_n) est donc strictement décroissante.

VI

Sommes de termes consécutifs d'une suite

A

Cas d'une suite arithmétique

Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 1.

\sum_{k=1}^n k=1+2+...+n=\dfrac{n(n+1)}{2}

Soit n un entier naturel supérieur ou égal à 1.

On note S la somme \sum_{k=1}^n k=1+2+...+(n−1)+n.

On a également S=\sum_{k=1}^n (n-k+1)=n+(n−1)+...+2+1.

En additionnant les deux sommes, on obtient :

2S=\underbrace{(n+1)+(n+1)+...+(n+1)+(n+1)}_{n\text{ fois}},

soit 2S=n(n+1), d'où S=\dfrac{n(n+1)}{2}.

Soit (u_n) la suite arithmétique de premier terme u_0=5 et de raison r=2.

Déterminons la somme des 20 premiers termes de cette suite.

L'idée est d'écrire la somme cherchée et de faire apparaître une somme des premiers entiers naturels.

On cherche à calculer : S=\sum_{k=0}^{19}u_k=u_0+u_1+...+u_{18}+u_{19}.

Pour tout n\in\mathbb{N}, u_n=u_0+n\times r=5+2n, car la suite (u_n) est arithmétique.

Ainsi, S=5+(5+2\times 1)+(5+2\times 2)+...+(5+2\times 18)+(5+2\times 19).

Donc, S=\underbrace{5+5+...+5+5}_{20\text{ fois}}+2\times (1+2+...+18+19).

On reconnaît 1+2+... +19. C'est la somme des 19 premiers entiers naturels. On obtient donc :

S=20\times 5+2\times \dfrac{19\times 20}{2}

S=100+380=480

La somme des entiers de 1 à 100 vaut :

\sum_{k=1}^{100}k=\text{1 + 2 +...+ 99 + 100}=\dfrac{100\times 101}{2}=5050

La somme 1+2+…+n correspond à la somme des n premiers termes de la suite arithmétique du premier terme 1 et de raison r=1.

B

Cas d'une suite géométrique

Soit un réel q\neq 1 et soit n un entier naturel supérieur ou égal à 1. Alors :

\sum_{k=0}^n q^k=1+q+...+q^{n−1}+q^n=\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}

Soit un réel q\neq 1 et soit n un entier naturel supérieur ou égal à 1.

On note S la somme cherchée.

On a : S=\sum_{k=0}^n q^k=1+q+...+q^{n−1}+q^n.

Alors : qS=q\sum_{k=0}^n q^k=q+q^2+...+q^{n}+q^{n+1}.

Par conséquent, S-qS=1-q^{n+1}, soit (1-q)S=1-q^{n+1}.

Comme q\neq 1, on obtient S=\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}.

Déterminons la somme S=1+\dfrac{1}{2}+\left( \dfrac{1}{2}\right)^2+...+\left( \dfrac{1}{2}\right)^{10}.

D'après la formule précédente, on obtient :

S=1+\dfrac{1}{2}+\left( \dfrac{1}{2}\right)^2+...+\left( \dfrac{1}{2}\right)^{10}

S=\dfrac{1-\left( \dfrac{1}{2}\right)^{11}}{1-\dfrac{1}{2}}

S=\dfrac{1-\dfrac{1}{2^{11}}}{\dfrac{1}{2}}

S =2\left(1-\dfrac{1}{2^{11}}\right)

La somme 1+q+...+q^{n−1}+q^n correspond la somme des n+1 premiers termes de la suite géométrique de premier terme 1 et de raison q.

Soit (u_n) la suite géométrique de premier terme u_0=3 et de raison q=2.

Déterminons la somme des 10 premiers termes.

L'idée est d'écrire la somme cherchée et de faire apparaître une somme des q^k.

On cherche S=\sum_{k=0}^{9}u_k=u_0+u_1+...+u_8+u_9.

Comme la suite (u_n) est géométrique, pour tout n\in\mathbb{N}, on a :

u_n=u_0\times q^n=3\times 2^n

Ainsi, S=3\times 1+3\times 2^1+3\times 2^2+...+3\times 2^8+3\times 2^9.

En factorisant par 3, on obtient :

S=3\left( 1+2^1+2^2+...+2^8+2^9\right)

On reconnaît une somme du type 1+q+... +q^9 avec q=2.

On obtient donc :

S=3\times \dfrac{1−2^{10}}{1−2},

soit S=3069.

VII

Introduction de la notion de limite d'une suite

En plus de s'intéresser à son sens de variation lorsque l'on rencontre une suite (u_n), on se pose souvent la question de savoir ce que valent les termes de la suite lorsque l'indice n devient très grand.

On parle alors de limite de la suite.

En classe de Seconde, nous n'étudierons pas de théorèmes concernant la limite d'une suite. Nous nous servirons simplement d'un tableur et/ou d'un programme pour étudier ce comportement lorsque n devient très grand.

 

Notations

Soit (u_n) une suite définie à partir d'un rang n_0.

1. Lorsque les termes u_n deviennent aussi grands que l'on veut dès que l'indice n est suffisamment grand, on dit que la suite (u_n) tend vers +\infty et on note \lim\limits_{n\to +\infty} u_n=+\infty.

2. Lorsque les termes u_n deviennent aussi petits que l'on veut dès que l'indice n est suffisamment grand, on dit que la suite (u_n) tend vers -\infty et on note \lim\limits_{n\to +\infty} u_n=-\infty.

3. Lorsque les termes u_n deviennent aussi proches que l'on veut d'une réel \ell dès que l'indice n est suffisamment grand, on dit que la suite (u_n) tend vers \ell et on note \lim\limits_{n\to +\infty} u_n=\ell.

On considère la suite u définie sur \mathbb{N} par u_n=n^2.

Déterminons les premiers termes en utilisant un tableur.

On obtient :

-

En poursuivant, on obtient u_{100}=10000, u_{500}=250000, etc.

Les termes u_n \textbf{semblent} devenir aussi grands que l'on veut dès que n est suffisamment grand.

On peut \textbf{penser} que \lim\limits_{n\to +\infty} u_n=+\infty.

Écrivons un programme permettant de déterminer le premier indice pour lequel le terme u_n vérifie u_n>LL est un réel choisi par l'utilisateur.

Le programme suivant, écrit en langage Python, convient :

-

On appelle un tel algorithme un algorithme de seuil.