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Médée (Corneille) Profil d'œuvre

Médée

Corneille

1635

Médée est amoureuse de Jason, avec qui elle a eu des enfants. Mais il est tombé amoureux de Créuse, fille de Créon roi de Corinthe. Il veut l'épouser. Créon pousse alors Jason à exiler Médée et ses enfants, pour pouvoir vivre pleinement sa vie avec Créuse.

Lorsque Médée apprend tout, elle sombre dans la colère. Elle veut se venger de Jason. Elle confie à la nourrice Nérine son désir d'anéantir sa descendance. Il n'y a rien de pire pour un homme de sang royal qui ne peut pas transmettre sa couronne.

Médée s'associe alors au roi Égée, qui est amoureux de Créuse. Il a essayé d'enlever la jeune femme et a été emprisonné. Médée promet de le libérer à l'aide d'une baguette magique. Elle envoie ensuite une robe empoisonnée à Créuse. Lorsque Créon et sa fille touchent la robe, ils trouvent la mort. Avant de mourir, agonisant dans les bras de Jason, Créuse lui demande de la venger.

Médée tue les enfants qu'elle a eus avec Jason pour se venger de sa trahison et part sur un char ailé tiré par deux dragons. En découvrant que ses enfants ont été assassinés, Jason se suicide.

I

Le mythe de Médée

L'histoire de Médée est un mythe. Elle apparaît dans la littérature grecque pour la première fois chez Homère. Elle est la fille du roi de Colchide, Aiétès, petite-fille du Soleil et nièce de la magicienne Circé. Grâce à Médée, Jason a pu s'emparer de la Toison d'Or et reconquérir son trône.
Médée aime Jason. Il lui a promis de l'épouser, et elle a trahi sa famille pour l'aider et partir avec lui. Elle a même tué son frère Apsyrtos. Elle tue aussi le roi qui a usurpé le trône de Jason, Pélias. Jason et Médée trouvent ensuite refuge à Corinthe, gouvernée par le roi Créon. Jason décide d'épouser la fille du roi. C'est l'abandon de Médée par Jason et le meurtre de ses propres enfants par vengeance qui constituent la trame tragique des pièces associées à Médée, et de la tragédie que Corneille lui consacre.

II

Une réécriture du mythe

La pièce de Corneille est une réécriture du mythe de Médée. Il s'inspire de la pièce d'Euripide, mais également de celle de Sénèque. Comme Sénèque, il choisit de montrer la mort de Jason sur scène. Médée est peinte comme une femme blessée, mais aussi comme une mère qui aime ses enfants. Corneille n'hésite pourtant pas à mettre en scène son côté monstrueux, mais il justifie cet acte par la trahison dont elle a été victime.
Corneille choisit de représenter Jason comme un lâche et Créuse comme une femme vaniteuse et orgueilleuse qui exige de Médée sa plus belle robe. Les actions de Médée sont donc justifiées aux yeux du spectateur.

III

Une pièce classique

Corneille écrit au XVIIe siècle, il doit donc respecter les règles classiques. Il y a la règle des trois unités. La pièce doit se dérouler en un seul lieu, en une seule journée, et présenter une seule action. Il y a aussi les règles de bienséance et de vraisemblance. La pièce doit être morale et paraître crédible aux yeux du spectateur.
La pièce de Corneille répond bien à la règle des trois unités. Toutefois, en représentant la mort de Jason sur scène, il ne suit pas la règle de bienséance, qui stipule qu'aucun acte violent ne doit être représenté sur scène. Par ailleurs, il met en scène des choses qui paraissent invraisemblables, évoquant une baguette magique et des dragons.

IV

L'aspect baroque

On peut parler de tonalité baroque pour la pièce de Corneille. Les mouvements baroque et classique se mêlent très souvent au XVIIe siècle. Plusieurs éléments dans la pièce sont spectaculaires. Il y a du merveilleux, avec la baguette magique, mais aussi les potions de Médée. Il y a aussi la mention faite à des dragons.
La démesure est très présente aussi. Les réactions de Médée sont impressionnantes, sa haine la dévore. Les meurtres se font sur scène, Créuse et Jason meurent sous les yeux du spectateur. Il y a beaucoup de violence et de souffrance, rien ne paraît mesuré. De plus, Médée semble devenir une sorte de déesse à la fin. Descendante du dieu Soleil, elle est celle qui châtie les hommes. Elle n'est pas punie pour son crime.