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Pantagruel Profil d'œuvre

Pantagruel

Rabelais

1532

Le narrateur s'exprime dans un prologue. Il veut que l'on croie à l'histoire de Pantagruel comme on a cru à celle de Gargantua. Il raconte ensuite la naissance de Pantagruel, et la mort de sa mère en couches. Gargantua ne sait pas comment réagir, s'il doit pleurer la mort de sa femme ou bien rire de la naissance de son fils dont il finit par s'occuper. Pantagruel a un appétit immense. Il grandit et part étudier à Poitiers accompagné d'Epistémon. Il fait le tour de la France pour trouver une université. Il rencontre un étudiant limousin, il n'arrive pas à le comprendre car il imite les parisiens.
Pantagruel veut se rendre à Paris, mais il passe d'abord par Orléans où il aide les habitants en remettant la cloche dans son clocher. À Paris, Pantagruel admire les livres.

Gargantua écrit une lettre à son fils. Il lui dit quelles langues apprendre, et qu'il faut étudier la médecine et respecter Dieu. Le jeune homme suit ces conseils. Il va juger une affaire et réussit à accorder les deux parties. Il est alors considéré comme un grand savant. Il rencontre Panurge qui devient son ami. C'est un voyou et un voleur. Les deux compères rencontrent Thaumaste qui veut discuter avec Pantagruel, mais c'est Panurge qui va se disputer avec Thaumaste en tant que disciple de Pantagruel.
Pantagruel reçoit une lettre lui annonçant la mort de son père et l'invasion d'Utopie par les Dipsodes. De retour à Utopie, il entreprend d'abord de connaître son ennemi. Grâce à la ruse, il a pu saouler les chefs de l'armée, et tuer une grande partie de l'armée ennemie. Les géants tentent de protéger leur roi Anarche. L'un d'eux, Loup-Garou, se jette sur Pantagruel qui le tue et se sert de son corps pour tuer les autres géants.
Epistémon est mort, mais Panurge le ressuscite. Il raconte ce qu'il a vu dans l'autre-monde.
Pantagruel décide d'envahir la Dipsodie. Il ressort victorieux. Le narrateur termine son histoire en expliquant comment Pantagruel a guéri ses douleurs de ventre en avalant des pommes dans lesquelles il y avait ses serviteurs. Ces derniers lui ont ainsi nettoyé l'estomac.

I

Rabelais, un auteur humaniste

On ignore beaucoup de choses sur l'enfance et la jeunesse de Rabelais. En 1510, il est novice dans un couvent franciscain près d'Angers, et en 1521, il devient moine cordelier. Les autorités religieuses empêchent de lire des ouvrages grecs, alors il part. Il devient bénédictin dans un couvent du Poitou en 1524 où il étudie le droit.
Rabelais quitte la vie monacale en 1530. Il étudie la médecine. Il engage une correspondance avec Érasme, grand humaniste de son temps. C'est alors qu'il développe de plus en plus d'idées qui sont en adéquation avec le courant humaniste.
Les autorités religieuses condamnent ses romans quand ils sont publiés puisqu'ils sont jugés obscènes. Rabelais devient ensuite médecin personnel de Jean Du Bellay, évêque de Paris. Il meurt en 1553, ayant publié plusieurs histoires avec pour héros ses géants, les plus célèbres étant Gargantua et Pantagruel.

II

Un roman humaniste

A

L'éducation

Rabelais défend sa vision d'une éducation humaniste. Il peint l'idéal de la connaissance qui pour lui doit être universelle. Un homme doit apprendre toutes les matières, tous les domaines. Il faut un savoir dans tout. L'observation a une place primordiale dans sa vision de l'éducation.
Rabelais critique surtout la scolastique. Il juge les méthodes utilisées comme étant trop formelles. Il montre la supériorité du prince humaniste sur les autres.

B

Une critique de la religion

Rabelais critique fortement la religion. Il fait une satire de catholicisme. Il se moque des moines et de la vie monastique. Il critique surtout les dogmes et les rites qu'il compare à des superstitions. Il rejette principalement le célibat des prêtres.
Toutefois, Rabelais n'est pas contre la religion ; au contraire, Pantagruel a une solide formation religieuse. Il lit les textes sacrés, il développe sa propre vision des histoires de la Bible. Rabelais montre qu'il est important de prendre de la distance, que le détachement est essentiel. Il espère que la religion permettra une plus grande liberté, et il s'oppose donc à Rome qui exerce sa toute-puissance de façon despotique.

C

Le rire

L'œuvre de Rabelais est marquée par la démesure. Rabelais choisit tout d'abord des héros gigantesques, ce qui souligne bien cette démesure. Il grossit ainsi tout, il exagère pour mieux faire rire. Il fait des parodies de l'Homme. Cela lui permet notamment de souligner l'absurdité humaine.
Le grotesque est au cœur du roman. Les registres même sont contrastés, les tons se mêlent. Il y a beaucoup d'accumulations. Rabelais pense qu'il faut rire des choses pour mieux les mettre à distance et mieux en parler.

Voyant le dueil [deuil] qui vous mine et vous consomme [consume] :
Mieulx est de ris [rire] que de larmes escripre [écrire],
Pour ce que [parce que] rire est le propre de l'homme.

Rabelais

Gargantua

1534

III

La lettre de Gargantua à son fils

Le passage de la lettre de Gargantua à son fils est un des plus célèbres. Il permet de souligner la vision de Rabelais sur l'éducation. Le père est autoritaire, il répète plusieurs fois "je veux". Il faut un parent ferme.
Le programme est résolument humaniste. Gargantua utilise le terme "utopie". Il fait référence à une éducation idéale (référence à Thomas More, humaniste anglais). Le programme qui est proposé est fait de plusieurs matières : la littérature d'abord, les langues anciennes, mais surtout une culture étendue (droit, philosophie, histoire naturelle et géographie). Gargantua n'oublie pas non plus l'arithmétique, la géométrie, l'astronomie et la médecine.
Le père développe aussi un idéal social, moral et religieux. L'humaniste est un homme solidaire, prêt à aider ses amis, à discuter de ses idées. C'est un homme au service de Dieu, mais qui n'est pas trop strict.

Pour cette raison, mon fils, je te conjure d'employer ta jeunesse à bien profiter en étude et en vertu. Tu es à Paris, tu as ton précepteur Epistémon : l'un, par de vivantes leçons, l'autre par de louables exemples, peuvent bien t'éduquer. J'entends et veux que tu apprennes parfaitement les langues, d'abord le grec, comme le veut Quintilien, puis le latin et l'hébreu pour l'Écriture sainte, le chaldéen et l'arabe pour la même raison ; pour le grec, forme ton style en imitant Platon, et Cicéron pour le latin. Qu'il n'y ait aucun fait historique que tu n'aies en mémoire, ce à quoi t'aidera la cosmographie établie par ceux qui ont traité le sujet. Des arts libéraux, la géométrie, l'arithmétique et la musique, je t'ai donné le goût quand tu étais encore petit, à cinq ou six ans : continue et deviens savant dans tous les domaines de l'astronomie, mais laisse-moi de côté l'astrologie divinatrice et l'art de Lulle qui ne sont que tromperies et futilités. Du droit civil, je veux que tu saches par cœur tous les beaux textes, et me les commentes avec sagesse. Quant à la connaissance de la nature, je veux que tu t'y appliques avec soin : qu'il n'y ait mer, rivière ou source dont tu ne connaisses les poissons ; tous les oiseaux de l'air, tous les arbres, arbustes et buissons des forêts, toutes les herbes de la terre, tous les métaux cachés au ventre des abîmes, les pierreries de tout l'Orient et du Midi. Que rien ne te soit inconnu.

François Rabelais

Pantagruel

1532